Dimanche 28 juin 2009 7 28 /06 /2009 14:17


Droit de réponse

 

 

Si je viens m’exprimer sur cette tribune, c’est avant tout pour démentir les accusations fallacieuses qui pèsent sur mon échine. On me prête en effet, la vocation perverse de hanter les esprits et de botter les fesses de quiconque aurait cheminé à mes côtés, sans en avoir rapporté prestement les hauts faits à la curie blogistique. Loin de revendiquer une telle volonté punitive, je me substitue volontiers à un brave camarade martyr pour relater moi-même quelques bribes (qui m’endettent… hu ! hu ! hu !) de nos pérégrinations. Après tout, si j’ai été la mule d’un Bodet, je puis aussi être le nègre d’un ami bien…

 

Rencontre dans la Tessaout

 

Nous flânions déjà depuis quelques jours avec Krystèle dans la somptueuse vallée de la Tessaout quand nous arrivâmes à Toufghine. Quand nous reprîmes la marche après une pause bien méritée, j’eu la désagréable impression que mon bât s’était alourdi. Je crus d’abord que cette sensation s’estomperait le temps que mes muscles se réhabituassent à la charge, mais je dus rapidement déchanter en constatant que je devais ce surplus pondéral bien réel à deux nouveaux types patibulaires, mais presque, qui gambadaient en dilettante auprès de nous. Que les amis de Brigitte et les zélés des services préfectoraux se rassurent, avec à peine 90 kg de bât pour une capacité de 140, mon PTAC restait néanmoins réglementaire ; d’autant plus que pour les étapes à forts dénivelés, mes compagnons attentionnés me délestaient d’un ou deux sacs à dos.

 

Bon gré mal gré, je dus faire connaissance avec les deux nouveaux arrivants. Le premier, bien que caucasien, était un grand brun hirsute au sourire généreux. La tête enturbannée d’un foulard, il usait de mystérieux pouvoirs chamaniques pour se faire passer pour un muletier berbère. Il aurait pu faire illusion, si son accent à couper à la machette ne l’avait trahi. Dans sa bouche, « lachoucrane alawajid » (NDT : « de rien ») devenait par exemple : « la choucroute invisible »… Sans parler de ses « Bismillah », dont, par d’étonnantes déformations buccales dignes d’un chameau hollywoodien, il s’efforçait de prononcer chacune des voyelles comme un mélange en deux dimensions de l’ensemble des voyelles (???) …

Le second, ne quittant jamais son chapeau ressemblait à une caricature grotesque d’un Lucky Luke, qui n’aurait visiblement jamais rencontré Jolly Jumper (D’aucun aurait pu également lui trouver des points communs avec Don Quichotte, mais la comparaison aurait été moins flatteuse pour votre humble serviteur…). Son attitude empotée à mon égard se changea rapidement en une complicité familière, entretenue notamment par sa main cavalière qui rappelait régulièrement ma croupe à mon bon souvenir…

Krystèle, quant à elle, s’épanouissait visiblement en ma compagnie. Revêtant tour à tour les couleurs locales des coquelicots chers à Mohammed, et son allant de baroudeuse assumée, au jour le jour, elle semblait profiter simplement de son aventure.

Pour ma part, je me décrirais comme une sacrée belle bête, à la grise robe. J’ai un appétit insatiable, et une productivité flatulente et digestive à sa mesure ! Courageuse, je ne rechigne pas à l’effort… mais j’aime décider moi-même du moment où il faut y aller ! Outre ce trait de caractère, je dois également mon daltonisme à mon état de mule. Je vous saurais gré de vous abstenir de comparaison boiteuse avec l’un ou l’autre de mes compagnons… Enfin, je ne crains que trois choses : les dromadaires, qui selon la littérature populaire nuisent gravement à la santé,  les feux, parce que ça brûle, et les descentes trop pentues, parce que ça descend trop…

 

C’est au sein de cette équipe improbable que je remontais paisiblement la vallée de la Tessaout. Tantôt compact, tantôt disloqué, notre cortège évoluait à vaux l’eau au travers de cette nature généreuse. Mes naseaux se rappellent encore son humeur printanière…

Au chevet de l’oued nourricier, des noyers peu rancuniers s’entremêlent à de petites parcelles de blé encore vert et de cultures maraichères. Les lopins épargnés sont envahis d’herbages sauvages d’où jaillissent une myriade de fleurs : les fameux coquelicots, des fleurs bleues, jaunes… et de plein d’autres couleurs que vous nommeriez mieux que moi (Ce tableau harmonieux qui enchante les yeux humains, évoque surtout une lancinante tentation pour un estomac de mule !). Un effluve vivifiant et prédominant émane des multiples variétés de menthe qui prolifèrent comme du chiendent dans les interstices humides. De cette cordiale cohabitation, une fraîcheur chlorophyllienne et tannique déborde sur le sentier muletier.

Surplombant le chemin, le schiste et le rock qui s’élancent impérieusement vers le soleil déversent sur  cette lisière une chaleur franche et seiche.

 

Les habitations qui s’agglutinent irrégulièrement en de petits villages à peu près toutes les lieues, se confondent harmonieusement aux flancs de la montagne dont elles puisent sans conteste leur essence et leur chair.


 

- To bi continuid -

Par Krystèle - Publié dans : RECIT
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Samedi 27 juin 2009 6 27 /06 /2009 13:57

Krsytèle a accompagné Bassou et ses deux touristes italiens pendant leur randonnée de 4 jours. Journées marquantes pour Krystèle qui a pu relire, grâce à ce couple d'italiens et à Bassou,  le chemin parcouru pendant ce mois et demi à travers l'Atlas.

Ce couple d'Italiens charmants avait choisi une randonnée tout à fait inadaptée à leur condition physique et à leurs attentes. Chaque jour, ils étaient confrontés à l'organisation marocaine et à leurs difficultés à s'y adapter. 
Ils ont poussé Krystèle à se transformer en infirmière (pour les maux de tourista), en oreille attentive contre leurs jérémiades et interrogations, en personne qui rassure et dédramatise.
Il ne faudra pas manquer à son retour de lui demander de vous raconter quelques morceaux choisis.....

Hier, elle a retrouvé Ahmed, le nouveau propriétaire de Mimi chez Bassou. Le transfert de propriété de Mimi s'est très bien passé. Krystèle était émue de laisser son compagnon de voyage. Ahmed l'a bénie à de multiples reprises pour sa générosité. Pour marquer le moment, Krystèle lui a fait signer un contrat pour que Mimi soit bien soigné. Il faut dire que grâce aux bons soins de Krystèle, Mimi est en bonne santé et a même pris du poids !

Aujourd'hui, Krystèle part avec Bassou visiter des grottes, apparemment splendides. Puis, lundi elle prendra la route de Tanger pour rentrer en France, mercredi 1er juillet.

Par Krystèle - Publié dans : EN LIVE
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Mardi 23 juin 2009 2 23 /06 /2009 20:39


Vous pouvez retrouver en image les moments vécus de Sylvain et Fabien avec Krystèle. IMAGES DE SYLVAIN ET FABIEN

Par Krystèle - Publié dans : RECIT
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Samedi 20 juin 2009 6 20 /06 /2009 20:47
Bonsoir aux lecteurs de la GTAM !
Me voici à l'aube de ma dernière semaine... qui résonnera différemment à mes yeux... bien sûr dernière semaine de berbère nomade avant de rejoindre ma vie de sédentaire, derniers jours avec ma tête de mule de Mimi, dernières étapes avant la fin de cette riche expérience. Mais elle sera aussi bien différente puisque je marcherai désormais à partir de lundi avec le soleil dans le dos, et non plus dans la face (remarque, après la pluie et les orages de ces derniers jours, j'ai besoin de sécher) !
Hé oui, car j'ai décidé de faire demi tour... pour accompagner un couple de touristes italiens que le berbère Bassou doit guider jusqu'à Imilchil, ce qui me permettra de ramener Mimi à Imilchil. Et pourquoi Imilchil ? Parce que depuis Anergui, petit village au pied de l'Assif Melloul où Jean-Marie et Marie sont repartis en 4x4, j'ai trouvé une famille d'accueil pour Mimi ! Il s'agit des voisins du gîte où nous logions. En discutant avec Hammou Chrifi, propriétaire de gîte et membre actif de l'association pour le développement du village, j'ai appris que Ahmed, son épouse et ses trois garçons avaient perdu leur vieille mule l'hiver dernier. Cette famille pauvre est connue et respectée autour d'elle, et la mule représente leur bien le plus precieux, qui leur permet de réaliser les labours au printemps, les récoltes l'été, d'arrondir les fins de mois comme muletier pour les groupes de randonneurs, de transporter hommes et marchandises... J'ai donc rencontré Ahmed, pris le thé chez eux ; le contact est bien passé et j'ai donc décidé, après quelques jours de réflexion, de leur offrir la Mémère Mimi. Pour qu'ils n'aient pas à payer le transport de Midelt à Imilchil, je ferai le trajet à pied dans l'autre sens puisque j'ai atteint avant-hier ma ville objectif, Midelt, et qu'il me reste une semaine au Maroc. Ahmed viendra me rejoindre à Imilchil et conduira sa mule à travers les montagnes jusqu'à son village (deux jours de marche).
A très bientôt pour le récit de cette dernière partie !
Et en attendant,  un grand merci à Sarah qui vous permet de vivre l'aventure en détails et en images...

Krystèle-Hadda-Zoubida-Rhadija (mes noms berbères)
Par Krystèle - Publié dans : EN LIVE
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Mercredi 17 juin 2009 3 17 /06 /2009 20:50

Eh oui, vous allez pouvoir découvrir la première partie des aventures de Krystèle dans le RECIT DE KRYSTELE  !
La lecture y est passionnante!!

Par Krystèle - Publié dans : RECIT
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